Le conseil d'écriture à toujours avoir en tête : adaptez, ne suivez pas aveuglément

Vous scrollez sur les réseaux sociaux et tombez sur ce post : « La règle des 3 actes : LA méthode infaillible pour structurer votre roman ». Le lendemain, un article affirme : « Oubliez les 3 actes, le voyage du héros est la VRAIE structure universelle ». Et la semaine suivante un podcast vous dit « Les structures sont dépassées, écrivez à l’instinct ».

Qui croire ? Quels conseils d’écriture suivre ? Quelle est la bonne méthode ?

Cette question, je me la suis longtemps posée. Entre les vidéos YouTube, les blogs d’auteurs et les formations en ligne, j’oscillais entre plan détaillé et écriture instinctive, sans savoir où me positionner. Chaque nouveau conseil remettait en question le précédent jusqu’à ce que je comprenne une chose simple.

Il n’existe pas de méthode miracle pour écrire un roman.

Tous les conseils que vous pouvez lire ne sont que des possibilités qui peuvent ou non vous correspondre, que vous pouvez, ou non adopter.

La meilleure méthode d’écriture, c’est celle qui vous convient.

Suivre des conseils d’écriture, c’est bien, se laisser submerger, c’est dangereux. C’est pourquoi je vous recommande de toujours garder votre esprit critique et d’adapter les conseils à vos besoins. Vous êtes unique, votre histoire est unique, votre méthode d’écriture le sera aussi.

L'essentiel à retenir

Il n’existe pas de méthode miracle pour écrire un roman. La meilleure méthode d’écriture, c’est celle qui vous convient.

3 techniques pour ne pas vous noyer dans les conseils :

  • Choisir les contenus que vous consommez (limitez-vous à 2-3 comptes alignés avec votre vision)
  • Investir dans des formations complètes plutôt que papillonner (attention à la boulimie de formation)
  • Ne pas vous former pendant que vous écrivez votre premier jet

 

4 questions pour évaluer un conseil avant de l’appliquer :

  • Pour quel moment est-il donné ? (premier jet, réécriture, correction)
  • Quelle est la source ? (genre, expérience de l’auteur)
  • Quel est le but du conseil ? (technique ou marketing)
  • Est-ce qu’il me parle vraiment ?
     

Aucune méthode ne remplace la pratique. Votre méthode est la bonne si elle vous fait avancer sur votre manuscrit.

Besoin d’une bêta-lecture professionnelle ?

Quand les conseils d'écriture deviennent un frein à la rédaction de votre roman

La surcharge de conseils paralyse la rédaction de votre manuscrit

Quand j’ai commencé à écrire sérieusement, j’ai vite été ensevelie sous les conseils d’écriture. Au début, c’était formidable : l’information était accessible partout. J’avais sous la main des centaines de ressources gratuites expliquant comment créer un personnage réussi, la manière de construire une intrigue réussie, l’importance du rythme, des dialogues, etc.

Puis je suis tombée dans le piège.

Dès que j’écrivais une petite voix s’est mise à commenter chaque phrase. « Cette description est trop longue », « Ce dialogue n’est pas assez dynamique », « Cette scène traine en longueur ». C’est super bien sûr de pouvoir s’en rendre compte… mais à force, ça a fini par me paralyser. J’avais tellement de règles d’écriture en tête que je ne savais plus quoi faire. Je savais que la majorité de ces points était à voir en réecriture mais je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser.

Lorsque je travaillais sur des nouveaux romans, j’oscillais entre construction du plan et instinct, sans savoir où me positionner. J’essayais d’appliquer des méthodes qui n’étaient pas adaptées à mon besoin ou à celui de mon projet.

Je me noyais.

Et surtout, je n’écrivais plus. C’est suite à ce constat que j’ai décidé de lutter contre cette surcharge.

3 techniques pour ne plus vous noyer dans les conseils d'écriture

Pour lutter contre ce tsunami tout en continuant de me former à l’écriture j’ai adopté trois techniques. 

Premièrement : choisir les contenus que je consomme

J’ai fait un tri dans les différents comptes que je suivais afin de ne garder que ceux qui me parlaient, qui étaient adaptés à ma manière de penser et surtout je me suis limitée à deux ou trois comptes.

Je ne dis pas que les autres sont mauvais, bien au contraire. Simplement, en ne suivant que quelques comptes les chances de contradictions sont moins grandes. C’est un peu comme en éducation canine. Quand j’ai adopté ma chienne je voyais des conseils contradictoires partout et je ne savais plus quoi faire. J’ai finalement choisi une méthode et je m’y suis tenue, ça a été plus simple pour moi et plus cohérent pour l’éducation de ma chienne.

En réalité, j’ai même été plus loin avec l’écriture puisque j’ai mis en sourdine la majorité des comptes que je suivais afin de ne plus avoir de conseil non sollicité. Quand j’avais un besoin, je faisais une recherche spécifique sur ce sujet. Ça m’a permis de ne plus être submergée par les conseils que je n’avais pas besoin de recevoir à l’instant T.

Deuxièmement : investir dans des livres ou des formations complètes

Plutôt que de récupérer des informations ici et là, investir dans une formation complète ou un livre sur l’écriture peut être une très bonne solution. Cela permet de ne suivre qu’une méthode, de n’avoir qu’un point de vue. Le problème c’est qu’il faut réussir à adapter la méthode proposée à son cas, ce qui n’est pas toujours simple. Et puis, il ne faut pas tomber dans la boulimie de formation (dont je suis la première à souffrir) qui consiste à toujours faire plus de formation pour au final obtenir toujours les mêmes informations avec des prismes un peu différents.

La formation – quelle que soit la forme – est utile et importante… mais elle peut vite devenir de la procrastination active, parce que quand vous passez du temps à écouter une formation, vous n’avancez pas sur vos projets.

Troisièmement : ne pas se former / écouter de conseils pendant que j’écris

Quand je travaille sur gros projet (comme un roman), je ne me forme pas. Pourquoi ? Car j’ai naturellement tendance à vouloir appliquer ce que j’ai appris à mon roman… qui n’en a peut-être pas besoin à ce moment là. Typiquement, si j’écoute une formation sur la structure narrative alors que je suis en train d’écrire mon premier jet, j’ai envie de tout abandonner pour tout reprendre alors que j’avais déjà une structure qui fonctionnait.

Si j’écoute un module sur l’importance du show don’t tell, j’ai envie de l’appliquer à ma scène en cours… mais ce n’est peut-être pas adapté à ce que j’écris.

Plutôt que de laisser les formations dicter ce dont j’ai besoin, je pars de mon texte ou d’un manque précis et je vais chercher des ressources en lien. C’est moi qui décide de ce que je veux améliorer et quand, et pas un publication Instagram tombé dans mon fil d’actualité.

Tous les conseils d'écriture ne conviennent pas à tous les auteurs

C’est un autre point important à avoir en tête que j’ai appris avec l’expérience. Un conseil, aussi bon soit-il ne s’applique pas à tous les auteurs. Je sais que beaucoup d’auteurs se donnent un objectif de mots par jour. À chaque fois que j’ai voulu appliquer ce conseil, ça a été un échec : je me mets à bacler les mots pour finir rapidement. Idem pour le fait d’écrire sans revenir en arrière. Il y a toujours un moment au cours de mon premier jet où j’ai besoin de faire une pause, de redéfinir mon plan, et de modifier des choses pour avancer. Pourtant, je ne crois pas que ces conseils soient mauvais. Simplement pas adaptés pour moi.

C’est la même chose pour les conseils plus techniques qui peuvent vous faire perdre l’essence et la beauté de votre texte. Par exemple, on conseille souvent de ne pas faire de description trop longue. Pourtant, si vous écrivez un roman contemplatif et que vous adorez les descriptions, ça serait dommage de vous brimer. Vous pouvez faire de ces longues descriptions votre force. Vous ne plairez pas à tout le monde, mais ce que vous voulez, c’est plaire à ceux qui aiment votre style non ?

En réalité, le problème ce n’est pas le nombre de conseils ou leur qualité. C’est de les suivre aveuglement.

Voici ce qui m’a aidée à faire le tri dans les conseils.

4 questions pour évaluer un conseil d'écriture avant de l'appliquer à votre roman

À chaque fois que je tombais sur un conseil d’écriture je me posais les questions suivantes : 

  1. Pour quel moment le conseil est-il donné ? Premier jet ? Réécriture ? Correction ? Ce ne sont pas les mêmes conseils qui s’appliquent et il peut être contre-productif d’appliquer un conseil au mauvais moment.

  2. Quelle est la source du conseil ? Un auteur de thriller donnera probablement des conseils adaptés à son genre.

  3. Quel est le but du conseil ? Par exemple, « Ne dépassez pas 100 000 mots » est un conseil marketing, pas un conseil d’écriture. Si votre histoire nécessite 150 000 mots, amusez-vous. Et si elle n’en fait que 60 000, ce n’est pas un problème non plus.

  4. Est-ce que je trouve ce conseil fiable ? Est-ce qu’il me parle ? Si non, ne forcez pas et laissez-le de côté. Il vous parlera peut-être à un autre moment… ou jamais. 
 

Faire confiance à votre expérience d'auteur plutôt qu'aux méthodes universelles

Méfiez-vous des conseils qui vous vendent une méthode miracle ou qui vous disent qu’il faut supprimer tous les adverbes sans vous expliquer POURQUOI. Et surtout, si vous sentez qu’un conseil n’est pas fait pour vous, laissez-le de côté. 

De plus, pour les méthodes d’écriture, n’hésitez pas à tester sur une courte durée et à abandonner si cela ne vous convient pas. Il n’y a rien de mal à ça. Ce n’est pas parce que vous n’écrivez pas tous les jours que vous n’y arriverez jamais. 

C’est votre expérience qui doit primer, et pour cela pas de raccourci : il faut pratiquer. C’est la seule manière de connaître vos forces, vos faiblesses, votre rythme et votre processus. Et même quand vous le connaîtrez, il évoluera en fonction de vos projets et de votre expérience. 

Faire des pauses dans votre formation pour mieux avancer sur votre manuscrit

Cela rejoint ce que je disais plus haut, mais je tiens à le rappeler tellement il est important pour moi : parfois, le meilleur conseil est de faire des pauses.

J’adore apprendre, j’adore voir les conseils d’écriture. Pourtant, parfois je coupe tout : interdiction de lire des livres sur l’écriture ou la dramaturgie, plus de réseaux sociaux, plus de vidéos sur ce sujet. Je me recentre sur moi-même et sur ma pratique. Ça me permet de me réapproprier les conseils que j’ai pu entendre et de faire le tri. 

Alors, si ça vous aide, si ça vous permet d’écrire, mettez-moi en sourdine sur les réseaux, ne lisez plus mes conseils et retrouvez-vous avec vous-même. Les conseils ? Ils seront toujours là quand vous en aurez besoin. 

La meilleure méthode d'écriture ? Le travail et la persévérance

Pour conclure, j’aimerais rappeler qu’aucune méthode ne remplace la pratique et l’expérience.

Vous pouvez vous former et suivre tous les conseils du monde, si vous ne vous les appropriez pas par la pratique, vous n’évoluerez pas. Avec le temps, vous développerez votre propre boîte à outils narrative.

Les conseils d’écriture sont précieux. Ils vous font gagner du temps, évitent certaines erreurs, ouvrent de nouvelles perspectives. Pourtant, ils ne valent quelque chose que s’ils servent votre histoire et votre manière d’écrire.

Votre méthode est la bonne si elle vous fait avancer sur votre manuscrit.

Vous vous sentez perdu face à votre manuscrit ? Vous ne savez plus quels conseils suivre ? Je vous propose un retour personnalisé sur votre texte en prenant en compte votre intention et votre fonctionnement.

Photo de profil de Nadège Laforge

Bonjour, je suis Nadège, accompagnatrice d’auteur·ices et autrice.

Mon job ? T’accompagner pour que ton manuscrit atteigne son plein potentiel tout en respectant ta vision.

×

Table des matières